Aujourd’hui, je voudrais vous parler de Geoffrey Claustriaux, un auteur belge.

Alors bonne lecture à toutes et tous et j’attends vos commentaires avec impatience comme toujours. Les références de ses ouvrages et ses contacts sont repris en bas de l’article!

 

A l’occasion de Mons 2015, j’ai eu le grand plaisir de rencontrer un jeune auteur belge, Geoffrey Claustriaux. Montois passionné par le monde de l’heroic fantasy et des mangas japonais, Geoffrey apporte sa vision personnelle à ce genre si particulier. C’est sans doute parce qu’il bouscule les codes classiques de l’HF en y intégrant une dynamique propre aux mangas et un style hyper soutenu très agréable à la lecture que je me suis laissé si facilement emporté par ses univers.

 

À ce jour, il a déjà fait paraître deux histoires aux ambiances totalement différentes:

Les Royaumes Éphémères, dont deux tomes sont déjà disponibles et un troisième en préparation

Les Chroniques de l’Après-Monde qui ne se décline pour le moment qu’en un seul tome assez court mais qui laisse aussi sous-entendre une suite possible…

 

Les Royaumes Éphémères:

Quelle que soit votre religion ou vos opinions philosophiques, vous vous êtes sûrement demandé ce qu’il y avait après cette vie, si quelque chose se passait après la mort, si une conscience ou autre subsistait… Geoffrey vous propose de découvrir ce monde d’après dans lequel tous nos « disparus » émergent doués de pouvoirs magiques. Un monde où la magie remplace la technologie mais où les ambitions des hommes et les erreurs des vivants sont toujours bien présentes. Nous y suivons David, un jeune homme qui arrive dans ce monde à l’aube d’une guerre sans merci entre trois groupes de magiciens pour la domination d’une région.

Les Chroniques de l’Après-Monde: 

La stupidité, la cupidité et l’avarice des hommes a mené la civilisation à une guerre nucléaire totale. Pour espérer sauver l’humanité d’une disparition complète, les autorités des grandes nations ont fait construire un nombre malheureusement limité d’abris souterrains… Nous voici des centaines d’années plus tard, au cœur d’un abri. Nous y faisons la connaissance de Casca, gamine un peu garçon manqué et passionnée de mécanique.

 

Avis personnel

Loin du style chargé et pesant de certains auteurs, Geoffrey parvient à nous captiver par ses intrigues et à décrire des atmosphères très cinématographiques avec une légèreté toute surprenante. On y retrouve une influence évidente des classiques du 7ème art, de la littérature fantastique et du monde du manga. Cocktail très réussi pour ma part.

 

Quoi de mieux pour en apprendre un peu plus sur l’auteur que de le soumettre à une petite série de questions. Voici le résultat:

 

Interview

Si on fait une petite recherche sur le net, on trouve ceci : « Geoffrey Claustriaux est un auteur belge né en 1985. Passionné de littérature et de cinéma, il voue une grande admiration à H.P. Lovecraft et Stephen King. Il est actif depuis plusieurs années dans le domaine des critiques cinématographiques, et plus particulièrement du cinéma de genre (Horreur, Fantastique, Science-fiction et Fantasy). Il a publié 3 romans. » C’est bien résumé mais un peu court. On voudrait en savoir plus.

 

Question : D’où t’est venue cette envie d’écrire?

Réponse: En réalité, c’est arrivé très tôt. J’avais seulement 8 ans quand j’ai commencé à écrire, en retranscrivant l’épisode hebdomadaire des Chevaliers du Zodiaque dont j’étais fan à l’époque. Plus tard, vers 15 ans, j’ai entamé l’écriture d’un roman de science-fiction que je n’ai finalement pas terminé, sans doute à cause de mon manque d’expérience. En effet, je voulais raconter un conflit spatial entre plusieurs peuples, en multipliant les points de vue pour nuancer les évènements. C’était sans doute trop ambitieux pour un premier ouvrage. Par la suite, j’ai écrit quelques nouvelles, ébauché des projets, mais c’est principalement lorsque j’ai commencé à travailler à Bruxelles et que j’ai été forcé de prendre le train que je me suis remis sérieusement à l’écriture. C’est ainsi qu’est né le premier tome de ma saga « Les Royaumes Ephémères ».

 

Q : Dans le train ? Pas commun ça ! Pourquoi dans le train ?

R : Au début, c’était principalement par obligation. Comme je passe deux heures par jour dans les transports en commun (quand il n’y a pas de retard), je devais donc trouver un moyen de m’occuper. Par la suite, c’est devenu une habitude. Aujourd’hui, je n’écris plus que dans le train, en-dehors je n’ai pas le temps. Je dis souvent que je dois être la seule personne en Belgique qui est contente quand le train prend du retard, car si je suis en inspiration ça me permet d’avancer un peu plus dans mon histoire.

 

Q: Parviens-tu à en vivre?

R: Non, certainement pas. Heureusement que j’ai mon travail à côté, sinon je serais sur la paille. Un auteur ne touche généralement que 10 ou 12% du prix de vente d’un livre. Il faut donc déjà en vendre des caisses pour parvenir à en vivre correctement.

 

Q : Quelle profession exerces-tu ?

R : Je travaille au Ministère de la Santé Publique. J’ai une partie de travail administratif, mais le plus clair de mon temps est occupé par la gestion d’un programme informatique appelé Sharepoint (qui est une plateforme collaborative développée par Microsoft), ainsi que par divers travaux d’infographie.

 

Q: Pourquoi l’heroic fantasy ?

R: Il n’y a pas raison particulière à ce choix, bien que j’apprécie beaucoup le genre. En fait, l’idée des Royaumes Ephémères a jailli d’un coup, sans volonté de ma part de vouloir explorer ce genre. Pour tout dire, je réfléchissais plutôt à m’orienter vers l’horreur (mes nouvelles avaient d’ailleurs toutes une tonalité fantastique à tendance horrifique). Mais voilà, comme je le dis souvent, c’est l’histoire qui guide l’auteur, et pas l’inverse comme on pourrait le croire.

 

Q : Lorsque je suis venu te rendre visite lors d’une convention pendant laquelle tu exposais tes livres, j’ai été impressionné par la diversité des personnes qui étaient attirées par tes publications. Le public était de tout âge, de tout sexe et de tout style, pas forcément fan d’H.F., comme moi. Des parents te posaient aussi la question de savoir si leurs enfants ou jeunes adolescents pouvaient lire tes parutions. Que leur réponds-tu?

R : En général, je leur explique que les Royaumes Éphémères est une saga tout public, sans sexe et avec une violence édulcorée, parce que j’ai vraiment voulu en faire quelque chose de familial. Par contre, en ce qui concerne, les Chroniques de l’Après-Monde, je précise toujours que c’est un livre destiné à un public plus mature en raison de son ambiance relativement lourde. Ceci étant dit, cela n’a pas empêché un professeur de l’Athénée Provincial de La Louvière de le faire lire à ses élèves avant de l’analyser en classe. Je suis ensuite allé passer une journée en leur compagnie pour qu’ils puissent me poser leurs questions. C’était très intéressant ! Leur point de vue sur certains éléments m’a vraiment surpris, mais j’ai surtout été heureux d’apprendre que la grande majorité avait apprécié le livre. Quelle joie ! Pour moi, c’était Noël avant l’heure. Donc, pour reprendre la formule consacrée, j’ai en effet la chance d’avoir un public qui va de « 7 à 77 ans ».

 

Q: Ton style est très agréable, dynamique et léger. Comment fais-tu? Un secret?

R: Je ne pense pas que l’on puisse parler de secret. C’est surtout beaucoup de travail. Je fonctionne généralement en plusieurs étapes. J’analyse comment écrivent les meilleurs écrivains du genre que j’ai envie d’explorer, puis je me lance dans la rédaction de mon premier jet. Ensuite, tous les 3 ou 4 chapitres environ, je m’arrête pour relire ce que je viens d’écrire. Je corrige, j’ajoute des éléments, j’en retire, bref j’affine le texte sans avoir peur de couper ou de raccourcir les passages qui me semblent lourds. J’accorde beaucoup d’attention aux enchaînements de phrases et de paragraphes. Je veux que la lecture soit la plus fluide possible. Bien sûr, l’expérience aide aussi énormément. Par exemple, la différence de style entre les tomes 1 et 2 des Royaumes Ephémères est considérable, tout simplement parce que j’ai écrit deux autres romans dans l’intervalle. De mon point de vue, le tome 1 est affreux parce que je vois une foule d’erreurs que je corrigerais aujourd’hui. Il y a aussi le fait que j’écrive uniquement dans le train. Cela induit une certaine urgence car le temps dont je dispose est limité. Il faut donc aller à l’essentiel, avancer dans l’histoire pour éviter que les idées s’envolent. Pour finir, l’avis de mes béta-lecteurs est primordial. Ma compagne notamment effectue un travail de relecture minutieux pour détecter les fautes de frappe ou de syntaxe, tandis que ma mère et mes amis me donnent leur avis sur l’histoire. Je corrige ensuite une dernière fois le livre en suivant leurs indications.

 

Q: Quels sont tes modèles d’auteurs, de réalisateurs, de directeurs artistiques dans le cinéma, la littérature et le manga?

R: En matière de littérature, mes références absolues sont H.P. Lovecraft et Stephen King. Je trouve leur manière d’écrire proche de la perfection. Je pourrais aussi citer J.K. Rowling pour son imagination incroyable et Mo Hayder pour sa capacité à explorer les relations entre ses personnages tout en ne négligeant pas le suspense et l’ambiance. Au cinéma, je suis un fan inconditionnel de Wes Craven qui malgré quelques navets restera pour moi LE réalisateur de l’horreur. Je suis aussi un fervent adepte du M. Night Shyamalan des débuts (6ème sens, incassable et Signes) parce qu’avec très peu d’effets, tout en suggestion, il parvenait à mettre le spectateur sous pression. James Wan est également un incontournable. Saw m’avait littéralement laissé groggy, tandis que Death Sentence est probablement le meilleur film de vigilante jamais tourné, avec un Kevin Bacon hallucinant. Sinon, Peter Jackson, Steven Spielberg et Ridley Scott sont des réalisateurs dont j’ai apprécié presque tous les films. Dans les petits nouveaux, j’aime particulièrement Jim Mickle qui m’a scotché avec Mulberry Street puis avec Stake Land, ainsi que Neill Blomkamp, le réalisateur de District 9. Du côté nippon, je suis un fan inconditionnel d’Hideaki Anno. Neon Genesis Evangelion et Nadia : Le Secret de l’eau bleue sont mes deux séries animées préférées et ce n’est pas près de changer. Hayao Mizazaki est évidemment incontournable avec Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké, tout comme Mamoru Oshii. Pour ce qui est du manga, Berserk est pour moi LE chef d’œuvre à lire absolument. Ensuite, il y a tous les classiques comme Saint Seiya, Dragon Ball, Naruto, One Piece et Hunter X Hunter. Pour finir, j’adore un shonen sportif qui s’appelle Eyeshield 21 et qui narre la découverte par un jeune japonais du… football américain. J’ai tellement aimé que j’ai envisagé pendant un temps de me mettre à ce sport. Mais ayant déjà tâté du rugby, j’ai prudemment préféré en rester au football en salle.

 

Q: Si tu ne devais emporter qu’un seul livre sur une île déserte, lequel serait-ce? Et un seul film? Un seul manga?

R: Livre : Ça de Stephen King (mais le Seigneur des Anneaux n’est pas loin) Film : Pour ne pas dire le Seigneur des Anneaux qui compte trois films, je vais dire l’Empire Contre-Attaque. Un chef d’œuvre d’écriture et de réalisation. Manga : Définitivement Berserk

 

Q : Tes livres sont disponibles en librairie et dans les grandes enseignes comme Fnac …etc, ou sur le net. Néanmoins, je t’ai souvent entendu dire que les clients intéressés pouvaient directement te passer leur commande pour que tu puisses dédicacer leurs exemplaires. Pourquoi, dans notre monde de plus en plus impersonnel, tiens-tu à ce point à personnaliser leurs livres ?

R : Pour moi, une dédicace est vraiment une manière de remercier une personne de s’intéresser à mes modestes écrits. Je suis quelqu’un qui a très peu confiance en soi malgré les apparences, du coup je suis toujours très heureux lorsqu’un lecteur vient me trouver en salon pour me dire qu’il a aimé mes romans et qu’il attend la suite avec impatience. C’est pourquoi, pour pouvoir rendre un peu de cette joie à mes lecteurs, je tiens à dédicacer un maximum de livres Ensuite, c’est aussi un moyen de créer un lien. Comme tu le dis, notre monde est de plus en plus impersonnel et je pense donc qu’il est important de faire sentir au lecteur que l’auteur du livre « existe », qu’il n’est pas qu’un nom sur une couverture.

 

Q : Merci pour toutes ces réponses Geoffrey. Une dernière question : que pouvons-nous attendre pour la suite de tes publications ?

R : Secret défense ! (Rires) Plus sérieusement, 2015 devrait voir la publication du dernier tome de ma trilogie des Royaumes Éphémères, ainsi que mon premier roman policier, chez un éditeur belge cette fois. En-dehors de ça, j’écris aussi, tous les deux mois, une nouvelle qui se passe dans la région montoise. Les deux premières, « La Sonate de Malaster » et « Correspondances » sont parues en janvier et en mars, et la prochaine verra le jour en mai. Elle s’appellera « Chocolat ».

 

 

C’était la petite interview de Geoffrey Claustriaux. Si comme moi, vous êtes curieux, vous voulez passer un bon moment sans devoir vous prendre la tête à vous rappeler tous les détails des vies et milliers d’intrigues de centaines de personnages, vous voulez tenter une nouvelle expérience de lecture et vous soutenez les auteurs belges, n’hésitez pas.

A mettre entre toutes les mains de 7 à 7777 ans.

 

Références:

Les Chroniques de l’Après-Monde: chez Terre de Brume ; ISBN : 978-2-84362-531-2

Les Royaumes Ephémères – Tome 1 – L’Odyssée du Jeune Fauve: chez Mon Petit Editeur : ISBN : 978-2-7483-8826-8

Les Royaumes Ephémères – Tome 2 – L’Hypérion des Océans: chez Mon Petit Editeur : ISBN : 978-2-343-02257-5

Contacts:

N’hésitez pas à contacter Geoffrey à cette adresse: geoffrey.claustriaux@hotmail.com

OU

laissez-lui une critique sur le blog qui centralise les avis de tous ses lecteurs: http://geoffreyclaustriaux.blogspot.be/

 

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